Mais qu'est-ce que tu regardes? Toujours ce même regard. Rempli de haine, de désespoir, de dégoût. Toujours vers moi, dans ma direction. Et pourtant. Toujours l'impression qu'il me transperce, qu'il va au-delà de moi. Un regard fixe. Tu me regardes sans me regarder. Ce n'est plus logique maintenant. Je ne comprend rien. L'alcool dans mon sang m'empêche de comprendre. J'ai le regard vitreux moi, je te regarde mais en te regardant, je sais que c'est toi que je regarde parce que je ne vois rien d'autre que ton regard, le tien, celui que j'aimais, le regard que j'aimais mais que j'ai appris à détester. Ce regard qui avant, était affectif et rempli d'amour et qui maintenant ressemble plus à une mitraillette qui me fusille à chaque moment où tu oses encore me regarder.
Tu es devenu horrible, du moins, je te trouve horrible maintenant. Ta façon d'agir, tes gestes, tes réflexions, tes "arguments", tes (fausses) raisons qui me donnent envie de gerber tellement elles sonnent faux. Ton essai de retour vers moi malgré le fait que je te rejette chaque fois que je peux. Non je n'essaie pas d'arranger les choses, je ne veux plus les arranger, tu as trop tourné ta veste cette fois. C'est fini. Mort. MORT. Ma mort. Tellement rêvé. Le moment où on pourrait se revoir. Eh bien nan, c'est mort. Je t'Aimais c'est sur. Mais c'est du passé surtout. C'est révolu. Je ne t'aime plus. D'ailleurs, je me demande encore pourquoi je t'aimais tellement. C'était si bête. Tellement oisif, inoffensif. Mon amour pour toi était si respectueux, c'était si magnifique. Tout ce que je voulais, de l'Amour, de la compassion, du respect, du dialogue, de la fidélité. Putain mais merde. Si utopique. Le rêve. Je me disais que ça allait tenir. Que c'était soudé. Gravé dans la roche. Mais tu étais si con, si lâche...
Je me suis éprise de toi, comme on est attiré par un chocolat qu'on nous a interdit de manger. Comme un rêve de gosse qui veut devenir astronaute. On y pense, on y pense. Et au final on oublie. Je ne t'ai pas oublié. Mais tu es sorti de ma vie tel un boulet de canon. C'est fou, c'est comme ça. Le poney ne voulait pas de carotte cette fois. Okay, je suis la salope, okay j'ai pas été cool. Mais tu voulais que je fasse quoi? "C'est fini je ne t'aime plus." Ce n'était pas assez tragique. Il fallait que tu me haïsses. Que tu me détestes de toute ton âme. Au moins tu m'oublierais plus vite. Et tu ne voudrais plus, plus jamais retourner vers moi. C'est ce que je voulais de tout mon c½ur. Tu m'as aimé, comme il se devait. Tu m'as aimé, comme tu as pu. Tu as tout fait pour moi. Mais il fallait que ça cesse. Je ne pouvais pas plus te faire souffrir par mes fausses promesses, mes rendez-vous annulés en dernière minute. Mes messages pour te dire que à nouveau je ne serai pas là, que à nouveau je serai loin, et avec d'autres personnes. Mais pas Toi. Je n'en pouvais plus, savoir que tu étais là, que tu serai encore là après. Que tu m'aimais d'un amour si pur, si confiant, et pourtant si... Je ne sais pas, j'avais tellement l'impression d'être couvée. D'être ta protégée plus qu'autre chose. Tu sais, je ne t'appartiens pas, plus. En fait je ne t'ai jamais appartenu. J'ai toujours détesté être en cage. Et c'est là où tu voulais m'emmener si j'étais resté avec toi. Tu voulais m'enfermer, me garder rien que pour toi. Tu savais très bien que je n'aurais pas supporter. Que j'aurais profiter de la moindre occasion pour me barrer. Ou pour me faire du mal. Tu savais très bien que toutes ces conneries, ces scarifications, ces beuveries, toutes ces drogues. Je les avais arrêté pour Toi. Pour ton joli sourire. Tes yeux éternellement bleu. Ta tignasse, blonde, comme les blés. Où j'aimais tant plonger ma tête. Ton corps, pas si musclé, mais si fin. Que j'aimais tant avoir au creux de mes bras. Que j'aimais tant dessiner, et redessiner chaque fois que je le pouvais. Mais c'est fini. Tout ça s'est enfui, tout ça s'est enfui en même tant que l'Amour. L'Amour... C'était si magnifique à tes cotés, si utopique, irréalisable. Je t'Aimais tant.
Il a fallu que je te fasse toutes les crasses, toutes les merdes possibles. Et pourtant tu restais, tu souffrais mais tu voulais rester à mes cotés. Je t'ai détruit. Totalement. Mais il le fallait. Je ne pouvais pas rester la même, rester si douce tout le temps. Il fallait que je regagne la liberté que tu m'avais volé.
Alors on est resté là, à se regarder. Durant toute cette nuit. On n'en pouvait plus. Nos yeux pleuraient tellement l'effort était dur. Et on ne voulait pas baisser le regard. On ne voulait pas se voiler la face. On ne voulait pas. C'est tout. On ne pouvait pas. C'est tout.
Et on a continué, et le matin on est parti, avant tout le monde et on s'en foutait. T'es retourné à ton travail de merde. Et je suis retournée à mes occupations normales. J'ai continué à boire, à fumer, juste parce que je sais que tu détestais ça chez moi. Et je suis allée la voir. Celle qui t'as remplacé. Celle que j'Aime. Celle que je cherchais et que je voulais depuis le début mais que je n'arrivais pas à trouver. Par la haine et le dégôut j'ai réussi. Et encore. Je doute. Mais cette fois je ne reviendrais pas vers toi. Cette fois je resterai là où j'en suis. Là où je ne peux me perdre. Et si tu savais. Un seul de ses regard me suffit, à prouver son amour. Un seul de ces gestes. Elle ne me fait pas penser à Toi. Même pas. Je l'Aime comme elle est. Et pour ce qu'elle est. Il n'y a pas de justification possible pour ça. Et je sais qu'elle ne me fera pas souffrir. Qu'Elle sera là pour moi. Comme tu l'as été. Mais en différent. Elle sait me reprocher des choses. Elle sait quoi me dire. Et si elle me blesse, si seulement elle y arrive. Car maintenant je suis blindée, du moins je me crois blindée. Je reste la même tu sais. Et si elle me blesse alors, c'est seulement pour que j'évolue. Elle ne veut pas me changer, elle n'ose pas. Elle m'Aime trop pour ça. Mais elle essaye de me redresser. Elle ne veut pas que je coule.
Je le sais maintenant. Que c'est Elle que j'Aime et pas une autre.
J'ai supprimé ton numéro. Tes messages. Tes mails. C'est fini tu sais. Mais vraiment cette fois. Supprimé de tout. De mon portable. De mon ordi. De mon appart. De ma vie.